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Washington : Le chef de l’État séduit décideurs et investisseurs

Après une brillante participation aux travaux de la 73ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président de la République Ibrahim Boubacar Keïta, était vendredi dernier à Washington où il a animé une conférence-débat sur les défis du développement dans le Sahel, organisée par Brookings Institute, l’un des plus importants aux Etats-Unis d’Amérique. C’était en partenariat avec l’Initiative de croissance pour l’Afrique (Africa Growth Initiative).

Dans son exposé, le chef de l’Etat s’est dit heureux d’être dans ce «temple du savoir» pour développer sa vision sur le Mali et la situation sécuritaire dans le Sahel. En effet, le Mali, comme les autres pays du Sahel, fait face à de nombreux défis que sont la menace terroriste, la pauvreté, le changement climatique.

«Le changement climatique est une réalité au Sahel et nous le vivons au quotidien», a expliqué le président Keïta. A cela s’ajoute une crise sécuritaire accentuée par le terrorisme, devenue une menace très redoutable dans nos pays. C’est pourquoi, a expliqué le chef de l’Etat, les Etats ont décidé de mutualiser leurs efforts pour relever ces différents défis en créant en 2015 à Nouakchott (Mauritanie) le G5 Sahel, dont la vocation est d’éradiquer le terrorisme et d’assurer le développement dans le Sahel à travers la réalisation de grands projets (infrastructures, éducation, formation, emploi).

Cela est d’autant plus important quand on sait que l’une des causes du terrorisme est le sous développement. En effet, une jeunesse mal formée, sans emploi, abandonnée à elle-même, devient un client potentiel pour les terroristes et les réseaux criminels.

Le président de la République a mentionné que le G5 Sahel, de sa création à nos jours, a du mal à être pleinement opérationnelle, faute de financement pérenne. Avec un budget annuel estimé à 422 millions d’euros, le G5 Sahel a besoin d’être placé sous le chapitre VII des Nations unies, a souligné le président IBK. «Notre conviction est que le terrorisme est une menace mondiale qui doit être combattue au niveau mondial», a-t-il insisté, ajoutant que la Libye constitue aujourd’hui le ventre mou du terrorisme dans la région pour avoir été envahie par les éléments défaits de DAECH (Etat islamique). Une situation aggravée par le trafic d’armes de guerre de tous genres.

Par ailleurs, le chef de l’Etat a souligné que notre pays restait attaché aux questions de droits de l’Homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Il a expliqué en long et en large le déroulement de l’élection présidentielle à l’issue de laquelle il a été réélu par une majorité confortable. Le premier et le second tours de cette élection, ont été jugés transparents et crédibles par les observateurs nationaux et internationaux, a dit le président IBK, rappelant qu’il y a eu un travail colossal que les autorités ont mené en amont, à savoir la révision exceptionnelle du fichier électoral, l’audit de ce fichier par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et par un comité d’experts nationaux présidé par le chef de l’Opposition politique.

Réélu pour un mandat de cinq ans, le président Keïta a réaffirmé sa volonté de s’atteler à la promotion de la jeunesse et du genre. Cela a commencé avec la formation d’un gouvernement composé de 34% de femmes, dont Mme la ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Mais le chef de l’Etat a tenu à préciser que celle-ci a été choisie non pas parce qu’elle est une femme, mais par sa compétence. Elle a déjà fait ses preuves à l’extérieur avant de venir servir dignement son pays. En plus de la promotion des femmes et des jeunes, le président IBK a aussi exprimé sa volonté de réaliser des infrastructures économiques en vue d’assurer le développement durable, d’améliorer le système éducatif et de formation, de protéger davantage l’environnement, de renforcer la diplomatie.

En ce qui concerne l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger, le président de la République a expliqué que depuis sa signature en 2015 à Bamako, des efforts ont été faits pour sa mise en œuvre intégrale. Cependant, l’argent étant le nerf de la guerre, les populations attendent toujours les dividendes de la paix, à savoir la réalisation d’infrastructures vitales (routes, hôpitaux, écoles, énergie, eau).

Tout cela n’est pas encore concrétisé car les ressources promises par les partenaires du Mali à Paris et Bruxelles ne sont pas visibles. Et ce n’est pas tout : la situation d’insécurité sur le terrain empêche de mener certaines réalisations au profit des populations ayant beaucoup souffert de cette crise.

A la chambre de commerce des Etats-Unis à Washington, le président a aussi animé un forum devant le corps diplomatique africain et des hommes d’affaires américains. Ici aussi, le président Keïta a fait part de la situation de notre pays qui se relève peu à peu d’une crise sécuritaire et institutionnelle. Lors de son premier mandat ayant débuté en 2013, il a expliqué avoir hérité d’un pays presque à terre. En cinq ans, le président Keïta a indiqué que de gros efforts ont été faits pour équiper et former l’Armée. En effet, ce sont 22% du budget national qui sont consacrés à la défense.

Dans le domaine économique, le Mali occupe aujourd’hui le troisième rang au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (l’UEMOA). Avec la subvention des intrants agricoles par le gouvernement, le pays est le premier producteur de coton en Afrique et de céréales au sein de l’UEMOA (722.000 tonnes). Il est aussi le troisième producteur d’or en Afrique et dispose du premier cheptel dans la zone UEMOA (bovin, caprin). En matière d’énergie, le pays dispose de 350 mégawatts pour un besoin de 700 mégawatts.

Le chef de l’Etat a également souligné que le taux d’inflation est bien maitrisé au Mali. En plus, la discipline budgétaire et la gestion rigoureuse des finances publiques sont une réalité chez nous. Ibrahim Boubacar Keïta a ainsi invité les investisseurs américains à venir au Mali qui est ouvert, démocratique, où les droits humains sont bel et bien respectés.

Le président IBK a assuré que les opportunités ne manquent pas, comme par exemple la transformation du coton sur place qui n’est que de 2% actuellement. Par ailleurs, le pays ne dispose que d’une seule raffinerie d’or dont la production est très limitée. Bref, le Mali a besoin des investisseurs pour que les emplois se créent sur place et pour que le pays en profite plus. Le message semble avoir été bien compris dans le milieu des hommes d’affaires américains et les résultats ne vont certainement pas tarder.

Source : Essor

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