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Réquisition temporaire des magistrats: Indignation et exigences du SAM et du SYLIMA

Le 10 octobre dernier, à la Cour d’appel de Bamako, une assemblée générale extraordinaire conjointe du Syndicat Autonome de la Magistrature( SAM)et du Syndicat Libre de la Magistrature (SYLIMA) s’est tenue. L’ordre du jour a porté sur la réponse par la Magistrature, au décret en date du 09 octobre 2018 gouvernement de la République du Mali tendant à réquisitionner les magistrats en grève illimitée depuis le 27Août 2018.

Cette assemblée générale extraordinaire était co-présidée par le président du SAM Aliou Badara Nanacassé et celui du SYLIMA Hady Macky Sall. C’était en présence d’une centaine de magistrats du pays. En effet, dans une déclaration commune, les deux syndicats prennent à témoin l’opinion nationale et internationale, le peuple du Mali, les forces démocratiques de la République du Mali, les organismes nationaux et internationaux de défense des Droits de l’Homme et de toutes les centrales syndicales de la famille judiciaire de la décision historique datant du 09 octobre 2018 du gouvernement de la République tendant à réquisitionner les magistrats. Et expriment leur profonde indignation et leur vive préoccupation face, disent-ils, à cette violation grave et intolérable de la constitution de la République en ses principes relatifs à la démocratie dans l’article 25, à la séparation des pouvoirs l’article 81.

Par conséquent, l’assemblée générale extraordinaire a adopté 7 points d’exigences dans lesquels elle invite les magistrats requis à refuser de se soumettre au décret illégal du gouvernement ; engage les syndicats de magistrat à saisir l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et les instances juridictionnelles nationales et internationales face aux attentes graves et intolérables ; à récuser le président de la cour suprême Nouhoum Tapily et engage les magistrats à porter plainte contre lui pour forfaiture et violation de son serment.
De même, l’assemblée exige la démission de messieurs Soumeylou Boubèye Maiga, Tiénan Coulibaly et Madame Racky Talla de leurs fonctions respectivement de premier ministre, de ministre de la justice et de ministre de la fonction publique et de porter plainte contre eux pour haute trahison et complot contre la sûreté l’État conformément aux dispositions de l’article 95 de la constitution du Mali du 25 février 1992.

Les magistrats constatent également le silence du président de la République, du président du conseil supérieur de la magistrature et Garant constitutionnel de l’indépendance de la magistrature, face aux graves atteintes par les membres du gouvernement surnommés à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle décide enfin du maintien du mot d’ordre de grève illimitée jusqu’à l’aboutissement des revendications légitimes de la coopération.

Nia Dialla Keita

actugloble@gmail.com

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