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Mali – Forum de Bamako : La communication « femme, levier du développement et de cohésion sociale, un regard sur l’exemple Burundais », brillamment présentée par la Princesse Esther KAMATARI

La présidente de la « Fondation Princesse Esther KAMATARI », en la personne de la Princesse du Burundi, a d’une manière brillante, avec éclat, présenté le thème « Résilience et développement humain dans l’espace sahélo-saharien : dont « femme, levier du développement et de cohésion sociale, un regard sur l’exemple Burundais » était au centre des débats. C’était lors de la 20e édition du forum de Bamako, tenu du 20 au 22 février 2020 au CICB et à Azalaï Salam hôtel.

Dans sa justification, la Princesse Esther KAMATARI a d’abord estimé que les femmes sont concernées à plusieurs titres par les conflits armés. Par conséquent, elles peuvent être à la fois victimes de violences et combattantes ou membres, volontaires ou non, de forces armées. Elles sont aussi actrices potentielles dans toutes les phases des conflits, en particulier dans les processus de paix, de réforme des secteurs de sécurité (RSS) et de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), ainsi que dans les politiques de reconstruction et de développement.

Elle aura ensuite rappelé que le 31 octobre 2000, le Conseil de sécurité des Nations Unies adoptait à l’unanimité la résolution 1325 « Femmes, paix et sécurité », visant à accroître la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, et à la consolidation de la paix. La résolution appelait les Etats à prendre les mesures nécessaires à la protection des femmes avant, pendant et après les conflits.

Que toutefois, dans un contexte de multiplication des crises, le niveau des violences à l’égard des femmes reste extrême et la participation des femmes aux processus de négociations et de consolidation de la paix, gage du développement durable des pays, est encore beaucoup trop faible. Un constat qui continue d’exiger une mobilisation internationale accrue.

Parlant de l’appropriation des concepts, la présidente de la « Fondation Princesse Esther KAMATARI » pense que certains concepts dudit thème de communication nécessitent une précision sémantique pour une meilleure appropriation. Il s’agit entre autre de : la résilience, le développement humain et la cohésion sociale. Avant de préciser que le terme résilience est polysémique, qui peut être défini comme la capacité d’un individu à supporter psychiquement les épreuves de la vie ; capacité qui lui permet de rebondir, de prendre un nouveau départ après un traumatisme. C’est donc la capacité qu’ont des personnes, femmes, enfants à triompher des différents traumatismes qu’elles ont subis : deuil précoce, abandon, maltraitance, tortures, violence sexuelle, crise sécuritaire, guerre, calamités naturelles etc.

Elle aura également indiqué que le développement humain dépasse aujourd’hui les questions économiques et apparaît comme un processus qui ne se limite pas seulement à un accroissement de biens et services disponibles pour l’ensemble de la population, mais aussi à l’amélioration de leur répartition.

 » Les trois indicateurs essentiels pour décrire le développement humain sont : la possibilité de vivre longtemps et en bonne santé ; d’acquérir le savoir ; d’avoir accès aux ressources nécessaires à un niveau de vie décent Cohésion sociale, a-t-elle insisté « .

Selon elle, cette cohésion sociale est définie comme l’ensemble des processus qui contribuent à assurer à tous les individus ou groupes d’individus l’égalité des chances et des conditions, l’accès effectif aux droits fondamentaux et au bien-être économique, social et culturel, afin de permettre à chacun de participer activement à la société et d’y être reconnu, et ce quels que soient son origine nationale ou ethnique, son appartenance culturelle, religieuse ou philosophique, son statut social, son niveau socio-économique, son âge, son orientation sexuelle, sa santé ou son handicap.

S’intérrogeant sur un certain nombre questions comme problématique : Quel peut être le rôle de la femme dans la résolution des crises dans la région Sahélo-saharienne ? En quoi constitue-t-elle le levier du développement et de la cohésion sociale ? Quel regard devons-nous faire sur le passé ?

Pour la présidente de la « Fondation Princesse Esther KAMATARI », notre réponse à cette question doit s’articuler autour de trois points : l’état des lieux de la situation de la femme dans la région, le canevas juridique de son action pour la cohésion sociale et le développement, l’expérience burundaise comme modèle à explorer. L’état des lieux de la situation de la femme dans l’espace sahélo￾saharien Jadis couloir d’échanges entre l’Afrique noire et le Maghreb, la région sahélo￾saharienne est devenue un espace de tous les dangers et de fermentation d’une conflictualité multiforme mettant en péril l’existence de nombreux pays. Ses habitants qui résistent aux effets d’une sévère péjoration climatique sont davantage horrifiés par des formes inédites de crimes organisés. Des États fragiles, dépourvus de ressources et de fil conducteur pour gérer, au mieux, leur diversité culturelle, arrivent rarement à résoudre leurs conflits internes. Ils font face à la porosité de frontières mal définies à l’origine, entre lesquelles émergent et s’élargissent des espaces gris donnant parfois une illusion de légitimité à de naïves ambitions séparatistes non assouvies.

À noter que ce danger gravissime, loin d’être un phénomène isolé, existe sous une forme ou une autre dans chacun des États de la région sahélo-saharienne et peut, à tout moment, menacer la cohésion des nations dont la genèse demeure inachevée. Ce sont là autant de raisons de sceller plus qu’une alliance stratégique et géopolitique entre les pays concernés, nonobstant des disputes, lorsque l’égoïsme et la compétition pour le monopole des ressources naturelles, de l’influence et du prestige empêchent de voir autre chose que les intérêts à court terme. Avant de préciser que l’espace sahélo-saharien sombre dans le chaos et peut échapper à toutes les ambitions individuelles qui rivalisent maladroitement pour sa domination. Il tombe entre les mains de forces obscures dont les populations s’approprient progressivement l’idéologie faute de perspectives plus heureuses. La crise malienne a peut-être tiré l’alarme du naufrage des États postcoloniaux qui montrent de graves signes d’obsolescence institutionnelle.

De cet état de fait, la Princesse se dit préoccuper par la situation des femmes. « Dans ce contexte, la situation des femmes demeure critique. En effet, les femmes sahélo-sahariennes continuent de souffrir. Elles subissent les mêmes privations et les mêmes frustrations que les jeunes, en étant plus privées de liberté et dépourvues de force pour émigrer ou rejoindre les réseaux terroristes. Elles sont maltraitées, abandonnées, battues et torturées, violées, mutilées. Certes, les programmes de promotion du genre ont réduit le fardeau des femmes urbaines dans certains pays, mais celles des zones rurales continuent de supporter le poids énorme de la tradition et de la raréfaction des ressources naturelles. Cette situation, qui existe dans la quasi-totalité des pays de la région sahélo￾saharienne à l’instar du Mali, a rendu les femmes vulnérables et les empêche de jouer leur rôle de levier de développement et de cohésion sociale, malgré l’existence d’un canevas juridique plus ou moins favorable, a-t-elle déploré.

Toujours pour elle, dans les canevas juridiques de l’action de la femme comme pilier du développement et de la cohésion sociale dans l’espace sahélo-saharien, les instruments et mécanismes juridiques relatifs aux femmes ne manquent pas. Il serait fastidieux de les évoqués tous ici. Ainsi, nous allons retenir les plus pertinents. Il s’agit des textes suivants : D’abord, au niveau des Nations Unies, la résolution relative aux droits des femmes dans les conflits la plus importante adoptée ces dernières années est la Résolution 1325 adoptée en 2000. C’est la toute première résolution qui évoque l’impact des femmes sur les conflits. Elle prône la participation des femmes à tous les niveaux, notamment leur nomination à des postes élevés. Elle encourage le recrutement des femmes dans les équipes de maintien de la paix des Nations Unies. Elle valorise le recours aux processus endogènes de gestion des conflits pendant et après les hostilités. Elle met en lumière l’absence des femmes dans les processus de médiation. Elle insiste sur la responsabilité de protéger les jeunes filles et les femmes, quelque soit les partis en conflits.

Ensuite, l’Article 18 de la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine (date 1986) qui établit le principe d’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique. Cependant, il a fallu néanmoins un Protocole additionnel adopté à Maputo (en 2003) pour confirmer et le faire appliquer par les Etats. Ce Protocole repose sur trois grands principes relatifs à l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, la gouvernance participative des femmes et le droit à la paix. Il encourage la participation active des femmes à la prévention des conflits. Enfin, plus récemment, les Etats de la CEDEAO ont adopté en 2001 le Protocole additionnel sur la Démocratie et la Bonne gouvernance qui consacre une large partie aux droits des femmes en Afrique de l’Ouest. En effet, une chose est d’adopter des instruments, et l’autre est de parvenir à les appliquer de manière effective. L’effectivité demeure un défi pour les Etats Sahélo-sahariens. Donc, le défi majeur reste l’application effective de ces dispositifs et leur intégration dans les statuts nationaux, qu’il s’agisse des résolutions des Nations Unies, des Conventions sur les Droits des femmes ou des mécanismes africains. Or, il apparaît que les réticences se développent plus au niveau local dans les familles qu’aux niveaux national et international. De ce fait, un travail de dissémination de ces textes devait être fait, pour permettre à toutes les femmes instruites ou non d’avoir connaissance de leurs droits.
Un regard rétrospectif et l’exemple de résilience à explorer : Un regard rétrospectif Bien que la société traditionnelle fût organisée et structurée de façon à favoriser la cohésion et la coexistence pacifique, elle subissait parfois des conflits, comme dans toute société humaine : conflits entre individus, au sein des mêmes familles, entre familles différentes ou entre habitants de territoires différents. Pour gérer ces situations, elle avait à sa disposition des mécanismes de régulation bien structurés où la femme jouait généralement un rôle majeur. Le système reconnaissait à la femme le rôle de conseillère discrète du mari en particulier, et le rôle actif dans la consolidation de la solidarité et de l’harmonie sociale en général. L’éducation aux valeurs traditionnelles était prioritaire et dispensée par la famille aux enfants. Par le truchement des contes, des proverbes et à des occasions opportunes diverses, on leur enseignait les vertus d’une cohabitation pacifique. Celles-ci étaient notamment représentées par la tempérance, la solidarité, le respect de la vérité, le sens du travail et de l’effort, le respect de la hiérarchie, le sens de l’honnêteté, la décence et la modestie, la tolérance, le sens du bien et de la bienveillance, l’amour du prochain, le respect de la vie, etc.

Aussi, l’éducation des enfants étant réservée à la femme, c’est elle qui jouait, par Conséquent, le plus grand rôle dans la transmission de ces valeurs aux nouvelles générations. Des sanctions sévères étaient infligées à ceux dont le mauvais comportement perturbait la paix et l’harmonie de la communauté.

C’est d’ailleurs sous ce rapport qu’il faut entendre, envisager et admettre la notion d’égalité des genres. Egalité qui, ne saurait être mathématique mais fonctionnelle. Aussi, le stade ontogénique le plus important chez l’homme est sa prime enfance au cours de laquelle le caractère de l’individu est forgé, modelé, inventé par la mère – encore elle – qui a le privilège du contact psycho-affectif premier avec l’enfant. Ainsi, la chaleur communicative au moment de l’allaitement, l’affection et la tendresse dont l’enfant jouit de sa mère sont gage d’un caractère fort. Mais si à la place de la douceur et de la tendresse maternelle, l’enfant ne reçoit que des brimades, des humiliations et vexation, il est fort probable qu’il deviendra un défaitiste, un foireux toujours moins sûr de sa personne et exposé à l’insuccès. L’enfant dont l’éducation a échoué, reste un danger pour la société, et comme le disait Jean Jacques ROUSSEAU, il romprait le contrat social.

Donc dans nos sociétés traditionnelles la femme était un être cher dont l’exigence de sa protection par le mari et les autres membres de la famille. Elle constituait un levier ou pilier de la société dans la cohésion et la stabilité sociale. Faisons un regard rétrospectif sur ces valeurs que nos ancêtres auraient bien voulu nous léguer. Remettons la femme dans le rôle qui était le sien, sans cela il n’y aura ni cohésion, ni stabilité, ni paix, ni développement durable dans nos sociétés.

 » L’exemple de résilience à explorer est l’assassinat du Prince Kamatari au Burundi en 1964, la résilience de sa fille, Princesse Esther Kamatari comme je le disais précédemment, le terme résilience peut être défini comme la Capacité d’un individu à supporter psychiquement les épreuves de la vie. Capacité qui lui permet de rebondir, de prendre un nouveau départ après un traumatisme, a conclu la présidente de la « Fondation Princesse Esther KAMATARI ».

Nia Dialla KEITA

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