Mali-Inspiration des Manuscrits anciens: Permettre aux Maliens de découvrir et d’exploiter, le combat quotidien de l’ONG SAVAMA-DCI

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La salle de conférence du Mémorial Modibo KEITA a servi de cadre ce jeudi 24 mars 2022 pour la 7è conférence-débat à travers le pays de l’ONG Sauvegarde et Valorisation des manuscrits pour la Défense de la Culture Islamique (Savama-DCI), dans le cadre de son nouveau projet intitulé “ l’Inspiration des manuscrits anciens pour la réconciliation et la Paix (IMARP) ”. L’objectif principal de ces conférences-débats est de permettre aux Maliens et au reste du monde entier de découvrir davantage et d’exploiter le contenu des manuscrits anciens, avec comme thème central “ Équation de la réconciliation et de la paix au Mali à la lumière de nos sources écrites : cas des Manuscrits Anciens”.
Cette conférence-débat a été co-animée par la biologiste à l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), professeur Assétou Founé Samaké Migan et le socio-économiste à l’École Nationale d’Administration Dr. Hamidou Magassa. Elle a ainsi enregistré la présence de plus 100 personnes dont plusieurs cadres et amoureux de la culture malienne. Trois principales questions étaient au centre d’un débat si nécessaire et important pour le Mali, à savoir : Comment rétablir, grâce au pardon, l’amitié et le vivre ensemble traditionnel des communautés maliennes, en dépassant les actuelles blessures des injures et des guerres entre frères devenus ennemis ? ; Comment parvenir à la réconciliation, entre les hommes, d’une part et, entre les hommes et Dieu, d’autre part, pour gagner la paix au Mali, notre pays qui est plongé aujourd’hui dans une profonde crise multidimensionnelle depuis 2012 ? et Comment projeter une paix durable, un état de calme, de repos, de silence et d’aise à laquelle aspire tout individu, collectivité, nation et État ?
Pour le professeur de l’Université, Assétou Founé Samaké Migan, la réconciliation est avant tout un élan de rapprochement, un élan d’arrangement mutuel entre les populations. Pour mettre en relation les pratiques d’apprentissage et les manuscrits anciens afin de mettre en valeur cette grande lumière, selon lui, il faudrait que nous partions vers l’exploitation de ces manuscrits. De 1960 à nos jours, au regard de nos histoires politiques contemporaines, le Mali est en quête de la réconciliation entre l’État indépendant du Mali, différentes couches sociales et ses anciens compresseurs coloniaux. Cela dit aussi bien la réconciliation entre les différents acteurs politiques, les différents régimes, les différentes composantes de la nation malienne au regard des crises répétitives entre certaines régions du nord et le reste du territoire.
Donnant de pistes de solutions, Assétou Founé Samaké pense que, pour aller vers la réconciliation, nous devons nous poser ces questions. Comment enterrer nos morts; Comment faire le deuil afin de retrouver le chemin d’un avenir meilleur et paisible et pour les générations à venir. Elle aura également indiqué que la paix est une harmonie entre l’esprit et le corps, qui se traduit par un calme intérieur, une tranquillité, un bien-être et dispose les uns et les autres à l’écoute et à la bienfaisance mutuelle. Et que nous devons comprendrons la paix comme un état de non guerre. Nous retenons surtout, dans son exposé, l’avènement des manuscrits anciens du Mali, qui a été marqué par des grands mouvements religieux et politique avec la succession d’Empires et de royaumes dont les plus célèbres furent : l’empire du Ghana du 10è siècle, l’empire du Mali au 14è siècle et l’empire Songhoï au 16è siècle, qui ont structuré l’économie et la politique de l’Afrique de l’Ouest.

« En consultant les manuscrits anciens, nous nous rendons compte que notre territoire fut un espace soudanien au Sud du Sahara, un espace de tensions, de guerre, mais aussi de réconciliation et de paix avec un brassage culturel si important », a-t-elle précisé.
Quant au Docteur Hamidou Magassa, il a parlé sur « La réconciliation et la culture de la paix à travers les manuscrits » par Younoussa Seydou, Sidi Aliman Maiga, Mohamed Alkadi Souleymane Maiga et Sékou Sidia Fofana; révisée par Dr Abdourahamane Abdoulaye Cissé, Édition Dar Al Qalam, Bamako, 2018. Il estime que cet ouvrage évoque les manuscrits anciens inspirés des mécanismes traditionnels de conciliation interne, sans ingérence de tiers, qui ont été déterminants dans la résolution pacifique de certains conflits dans une région subsaharienne en proie aux tensions, disputes et agressions. Il cite, entre autres : l’œuvre (de jeunesse) de El Hadj Omar Tall dans la réconciliation entre l’Emir de Borno et celui du Haoussa ; les efforts du Sultan Assoumouko, dans son appel à la paix, adressé à Ahmed III de Macina, avec Ahmed Albakay Kounta.
Selon lui, les auteurs font la part de la conciliation entre les membres de la même famille, les habitants d’un quartier, les partenaires d’une affaire et les conflits fonciers. Ils retiennent que la bonne gouvernance, la justice et l’égalité, la capacité à faire des concessions, la compensation des pertes matérielles, le recours à la pression sur les belligérants, l’amnistie et le pardon, l’organisation des assises sont des mécanismes de résolution des conflits pratiqués.
Le Professeur Hamidou Magassa a aussi fait savoir à l’assistance, du point de vue cadre légal de la réconciliation, que les canaux de communication utilisés sont basés sur les correspondance écrites, les rencontres d’entente, les sessions judiciaires, les missions de négociation, la sensibilisation à la retenue des parties en conflit et la signature des accords et pactes. Quant aux médiateurs de proximité, ils sont généralement issus de l’autorité religieuse (cadis, imams), des notabilités (érudits, dignitaires) et de la classe politique.
M. Magassa a aussi expliqué le « Conseil éclairant pour montrer la vilenie du conflit entre les croyants » de El hadj Omar Tall, Edition critique et traduction en français par : Pr Dr Mahammoud Abdou Zouber et son équipe (Dr Abdelkadri Idrissa Arbouna, Dr Abdrahamane Cissé, Dr Abdoulaye Barazi et Dr Bazoumana Traoré); préfacé par Jean Louis Triaud, Professeur des universités émérite.

Dans cet ouvrage, retenons surtout que El Hadj Omar Tall cite méthodiquement les qualités de réconciliateur qui sont : la prudence, la sérénité, la connaissance approfondie des contours du problème, la bonne foi espérant une récompense de Dieu, la neutralité et la volonté de dire la vérité et enfin, la consultation des sources classiques du Coran, des Hadiths et des Ulémas connus. Mais également, c’est pendant les huit ans passés dans le Califat de Sokoto, auprès du Sultan Muhammad Bello, que El Hadj Omar va poursuivre son effort d’écriture d’une dizaine d’ouvrages dont le plus connu est Rima.

Nia Dialla KEITA

Nia Dialla
Nia Diallahttps://actu-globe.com
Promoteur et Directeur, Nia Dialla KEITA est un enseignant journaliste, spécialiste des langues française et anglaise. Il dirige la rédaction de la presse en ligne “actu-globe.com”, un site web malien d'informations générales pour le Monde. Tel: (+223) 74 73 31 29 / 69 66 46 37

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